Des camps de vacances donnent des conseils homophobes en Suisse

4 months ago — 3 min read — Pas de commentaire
By Jérémy Patinier

La BESJ, Fédération suisse des groupes de jeunesse évangéliques - active en Suisse alémanique auprès de 15 000 enfants et ados de 5 à 16 ans - propose des « camps de vacances » à l’idéologie douteuse… et continue de toucher des subventions fédérales.

Le quotidien «20 Minuten» a relevé que la BESJ offrait aux adultes qui encadrent ces camps de jeunesse une formation plutôt douteuse. On peut en effet trouver  sur son site une série de dossiers pour les aider à conseiller les ados en questionnement, avec des réponses issues de la Bible. Sur l’homosexualité, la documentation de la BESJ est sans appel : elle appartient au « Mal » et caractérise les « infidèles, des menteurs et des parjures »…

Plusieurs personnalités politiques suisses se sont élevées pour réclamer à la BESJ qu’elle cesse de propager des idées homophobes, d’autant plus qu’elle bénéficie depuis les années 1990 de subventions de l’Office fédéral des sports.

Alertée par les médias, l’association a supprimé la page polémique de son site. Selon son porte-parole Adrian Jaggi, le dossier « homosexualité » datait d’il y a dix ans et n’était plus utilisé… Mais toujours consultable… Jaggi assure que les jeunes homos qui participent aux activités sont traités sans aucune forme de discrimination. Mais la brochure de la BESJ préconise toujours une « sexualité hétérosexuelle dans le cadre du mariage ». S’ils avèrent homosexuels, ceux-ci peuvent être mis sur la touche, a confirmé un pasteur au site du 20 Minutes suisse-allemand.

On imagine alors les conseils prodigués depuis des décennies à des adolescents qui se découvraient homosexuels, entre cours de morale et condamnation, le meilleur chemin pour le déni et le mal-être, première étape à des comportements à risques ou des pensées suicidaires.

Le fléau des thérapies de conversion en Europe

Situés dans la marge ultra-conservatrice de l’Eglise protestante, les courants évangéliques fédèrent 2 à 3% de la population suisse. Ces derniers sont en pointe dans la lutte contre les projets de mariage égalitaire et les politiques de non-discrimination. Certaines communautés proposent également les pseudo-thérapies de conversion qui prétendent «guérir» les homosexuels. Mené par des « ex-gays », des groupes comme « Torrents de vie » ont fait parler d’eux en Suisse, mais aussi en France…

Alors qu’elles ont récemment été interdites à Malte, très en avance sur les questions sociales et particulièrement envers les LGBT (union civile, adoption, droits des trans…), aucun autre pays européen, et encore moins la Commission européenne, n’a légiféré sur ces tentatives de « conversion » des homos ou des trans en hétéro ou cisgenre. Pourtant, l’ONU – qui a retiré l’homosexualité de la liste des maladies mentales en 1990 – considère que ces thérapies sont assimilables à de la torture (chocs électriques, injections de vomitifs…) au même titre que les stérilisations forcées ou que les examens anaux. Le Brésil depuis 1999, l’Ontario au Canada et même quelques États américains (comme la Californie) ont déjà interdit ces pratiques souvent inspirées par des mouvements religieux et leurs dérives sectaires, parfois dirigées par des « psy » ou des pseudo-médecins comme c’est le cas aux États-Unis, en Suisse, en Chine, en Equateur, en Ouganda ou au Liban. On y considère que l’orientation sexuelle ne peut être autre qu’hétéro, et que l’identité de genre ne peut être autre que celle assignée à la naissance.

 

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